Un de mes clients m’a demandé comment je choisissais les photos que j’allais sortir en Noir & Blanc versus les photos que je décidais de conserver en couleur. Je me suis donc dit que cela ferait un bon sujet pour cette seconde entrée dans le série Anatomie d’un cliché, où je me concentrerais sur la façon dont je contruisais un cliché en Noir & Blanc (N&B).
De manière générale, lorsque je capture un cliché, je sais toujours quel résultat je veux obtenir. Je crois fortement qu’il faut être capable de shooter le maximum du résultat final sur le moment et sur le fait de minimiser les taches effectuées en post processing. Je pense cela car honnêtement, je ne peux pas me permettre de passer 15 ou même 5 minutes sur chaque image si je dois en traiter plus de 400 pour un mariage.
Bien sûr je pourrais fournir cet effort mais comme je suis un sale paresseux je n’en ai pas envie =D. Mon but est donc de toujours faire en sorte que l’image que je vais prendre sur le moment soit aussi proche que possible du rendu final que je veux avoir et qu’elle pourrait même être livrée telle quelle au sortir de l’appareil. Pour pouvoir y arriver, il m’est nécessaire d’avoir une vision claire de ce que je veux obtenir, mais aussi d’avoir une maîtrise sur mes paramètres techniques et ma lumière pour être le plus efficace et surtout pour être constant d’image en image sur une série.
J’applique exactement ce mode de pensée lorque je veux faire du N&B.
Jetons un oeil à ces trois clichés de Jessica que j’ai posté récemment.



Comme vous pouvez le voir le résultat est constant. La lumière, l’ambiance, est la même pour les trois images. Et c’est exactement ce que je recherche, car si ce que je capture est constant, cela veut dire que je peux appliquer le même traitement pour toutes les images sans avoir à réfléchir davantage (Rappellez-vous je vous ai dit que j’étais paresseux !).
Retournons au processus de pensée.
Jessica avait une superbe robe blanche, très glam, très sexy. L’endroit où nous avions décidé de shooter avait ce magnifique canapé en cuir chocolat entouré de murs gris foncés et près d’une splendide porte vitrée. Je savais que cette porte laisserait filter juste ce qu’il fallait de lumière pour me donner un bel éclairage complémentaire pour les cheveux et pour l’ambiance générale.
En prenant tout cela en compte en entrant dans la pièce, je savais que je voulais obtenir une série N&B très sexy. Par sexy, je veux dire avec un fort contraste avec de belles, profondes mais néanmoins équilibrées ombres, mais aussi pleins de détails, et enfin une lumière très directionnelle sur le visage de Jessica car je ne voulais pas ruiner l’ambiant que la porte me donnait sur son corps et sa robe.
Et tout cela allait définir la façon dont j’allais mettre en place ce shoot.
Tout d’abord, je voulais une lumière directionnelle et je ne voulais pas qu’elle déborde sur le canapé ou le mirroir derrière mon modèle : j’ai donc utilisé une grille d’abeille de 30° comme modifieur car une boîte à lumière m’aurait donné beaucoup trop de diffusion. La grille d’abeille me permettrait d’éclairer juste son visage et une partie de son torse ce qui serait parfait. J’ai positionné Jessica sur le canapé près de la porte vitrée et j’ai placé ma lumière à ma droite pour faire un angle d’environ 50° avec son visage pour avoir un éclair très directionnel et de belles ombres.
J’ai réglé la vitesse d’obturation de mon appareil à 1/160 ème de seconde car cela pourrait me donner un peu de contrôle sur mon ambiant si je le voulais (pour la photographie au flash, la lumière ambiante est uniquement impactée par l’obturation et pas par l’ouverture du diaphragme). Mon ISO était à 100 et mon ouverture à f/2.8. Pourquoi me demanderez-vous ? Tout simplement parce qu’il faut bien commencer quelque part et cela me donnerait la liberté de faire évoluer mes réglages depuis ce point de départ. Il se trouvait que cette configuration était parfaite pour capturer l’ambiant que je voulais. J’ai poussé mon flash à 1/4 de sa puissance et nous étions prêt à shooter.
Et voici un cliché de test avec tous ces paramètres alors que Jessica se préparait.

Avec donc seulement deux clichés de test, j’ai pu déterminer les réglages que je voulais et je les ai conservés pendant toute la séance car cela me permettrait d’avoir des résultats constants. Je pourrai alors dans ce cas là utiliser le même traitement au final, ce qui signifiait passer à peine 5 secondes sur une image en retouche (rappelez-vous: sale paresseux).
Voici les clichés que je vous ai présentés plus tôt avant le passage en N&B : ces photos représentent le résultat brut au sortir de l’appareil. La seule chose que j’ai vraiment retouchée est cette satané alarme incendie que j’ai retirée et j’ai ensuite juste appliqué une action de traitement N&B sans aller plus loin.






Si vous m’avez lu jusque là, vous retiendrez donc de tout ceci que je suis paresseux. Je pense que vous l’avez bien compris. Cela me force donc à être très rigoureux pour définir ce que je veux obtenir et m’oblige à maîtriser parfaitement mes réglages techniques pour me permettre de concrétiser ce que j’ai en tête. Au final, je gagne un temps fou en post processing et j’ai l’air d’un professionel face à mes clients car je n’ai pas à passer 10 minutes pour mettre en place mes lumières et faire des tonnes de tests pour avoir mes réglages finaux. De plus, lorsque je montre des previews, toutes les photos sont bonnes et présentables au sortir de l’appareil et le rendu ne change pas d’image en image.
J’espère que vous avez apprécié cette seconde entrée d’Anatomie d’un Cliché. N’hésitez pas à revenir pour d’autres.
Pascal Tran Binh Aoshi Studio Photographe Mariage Portrait Lifestyle Paris France Intesettingsrnational
Pascal Tran Binh Aoshi Studio Wedding Portrait Lifestyle Photographer Paris France International
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